Recueillement et amour, ce qu’un ami victime de la fusillade à Strasbourg m’a appris (épisode 13)

Du recueillement. Quelques instants pour se connecter au plus profond de nous-même ne sont pas suffisants pour reprendre notre souffle quand la violence percute nos tempes. Elle anéantit la moitié de notre cervelle et nous suspend dans la pénombre. Quand notre feu intérieur scintille au déliement de notre âme, quelques voix douces et fraternelles infusent de la chaleur sous notre chair. Le retour nous semble faisable.

Main dans la main, nous encerclions son corps étendu sur ce lit d’hôpital. Sa maman nous invita à lui verser de l’énergie de guérison par nos pensées puis à travers nos mains. Nous priions en silence pour son existence. Malgré son état critique, il communiait l’amour et la solidarité entre hommes et femmes qui s’étaient à peine entrevus dans le couloir de l’hôpital. Maître de cérémonie, il accomplissait son destin de réunir par leur lumière des êtres humains que l’identification sociale avait dissocié.

La balle logeait depuis bien longtemps dans nos têtes. Elle nous séparait les uns des autres en nous submergeant dans la peur ne jamais être assez bon. Elle nous condamnait à faire toujours plus alors qu’exister était notre seule mission. Lui, par contre, il l’avait bien compris. Allongé sur ce lit d’hôpital, il réalisa comme toujours par sa présence l’union, l’amour et de l’empathie.

Il nous a offert le plus beau cadeau de Noël : le recueillement.

Cher ami, ton existence nous unit.

Bonne écoute !

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